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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 13:47

    Sa peau était parcourue d'un frisson. Accroupi le dos au mur, son regard perdu dans le tapis. La musique s'était arrêtée brusquement. Seuls les bruyants lapements d'Elmer se léchant copieusement les couilles brisaient le silence. Subitement, le chien arrêta sa joyeuse activité pour se lancer à la recherche de son maître vers la chambre du fond. On entendit pester. Comme d'habitude…

    Puis le silence.

    Une étrange gêne parcourait le salon. Fanch, assis à coté de moi sur le canapé, m'observait, interrogatif. J'étais sur le point d'aller imposer un mix de Liza lorsqu'Eddy lâcha le tapis. Il releva la tête, dévoilant son visage buriné, les yeux en têtes d'épingles. Le regard embué. Au bord des larmes il semblait menu, fragile.

    La voie blanche. Exaspéré. Il s'emballa. " Putain les mecs j'suis un putain de branque…

    Un vrai baltringue. Bouffon !

    Tout me fait chier….

    J'suis en train de crever. Déchet de junky de merde…

    J'me fous la gerbe ! J'vous la fous aussi… "

    De nouveau le silence.

    Fanch me fit signe, les deux doigts levés, attendant une clope. Le regard en forme de  tu le connais ? ...ou peut être de qu'est ce qu'y se passe ?

    Je regardais Eddy. Je filais sa clope à Fanch. Je me demandais s'il fallait intervenir quand une chaussure percuta la porte de la salle de bain. On entendit beugler " Putain Elmer ! Tu fais chier ! Dégage chien de con ! Dégage je t'ai dit ! Tu vas en prendre une… "

    Repoussé par la houle, Elmer rebroussa chemin et, bonhomme, se réinstalla sur le tapis. Il se renifla le cul et allait relancer son activité devenue obscène. " Dégage Pépère ! Va te branler plus loin… " Je tendis un clope à Eddy " Tu veux une clope mec ? Détends-toi, ça va aller... " Sourire figé de Fanch, je lui passe le feu… Eddy attrape ma clope puis reprend. " Quand j'avais 16 ans… Putain de plouc ! J'croyais savoir ce que c'était la misère et l'injustice. Mais j'étais loin bordel ! " Il allume sa tige, prend une profonde taffe, la garde un moment… " J'en pouvais plus de la cambrousse, mes parents, le tracteur de merde, les enculés de cochons… J'me suis engagé dans l'armée, à 16 ans… Rien d'autre à foutre pour m'enfuir de mon bled pérave… Ah ben j'étais content ! Les entraînements avec le Famas, je bandais mon Pote, je te jure que je bandais en tirant comme un con sur mes cibles de merde… J'me prenais pour un surhomme, j'avais les couilles gonflées à bloc ! Alors quand ils ont demandé des volontaires pour la Yougoslavie, j'suis parti bille en tête pour défendre la démocratie et les belles idées que tu peux avoir quand t'es un connard d'occidental… A Sarajevo, avant l'arrivée des Casques Bleus, on débarque avec notre barda tout neuf sur l'aéroport, et déjà c'était autre chose… C'était la Guerre. Le sergent qui nous montrait nos quartier nous explique que l'autre jour dans l'un de nos abris un vétéran avait pété un plomb et descendu la moitié de sa chambrée pendant un bombardement. Vite fait y'a une odeur qui s'installe, c'est la peur mon Pote ! Partout où tu vas : ça pue ! " Il avale une longue bouffée, puis expire.  " Moi j'étais dans la cavalerie, avec les potes on avait une jeep, on devait surveiller les convois le long de la grande route sinueuse qui mène à Sarajevo. Un jour, peut-être trois semaines après notre arrivée, on part avec deux tanks pour rallier un convoi d'essence. On montait depuis deux jours quand on a vu les deux tanks se prendre des missiles en pleine gueule. Rigole, des missiles français… On leurs en avait vendu plein ! La classe à la française ! Putain… Le sergent, il était carrément coupé en deux, les jambes dans la cabine et le tronc parti avec la tourelle. Le seul qui s'en était sorti, il avait un bras en moins… Une boucherie je te jure… Des tripes partout et notre gerbe par-dessus. Je peux te dire que j'ai arrêté de bander. Je faisais moins le malin avec mon pote qui pignait sa mère en train de me crever dans les pattes, son sang qui me pissait à la gueule. Celui qui ne s'était pas chié dessus était constipé pour la semaine. " Fanch écoutait, absorbé par le récit. Ma cendre venait de tomber sur le tapis… J'hallucinais, je connaissais Eddy depuis des années, sans que ce soit un de mes amis proches. Je l'avais toujours trouvé surtendu, mais je commençais à comprendre pourquoi. Eddy écrasa ma cendre sans même s'en apercevoir et continuait sa litanie. " Il fallait qu'on se casse de là vite fait ! Alors on a enterré les autres, et on a recommencé a grimpé en appuyant sur le champignon. C'est Gwen qui a vu le cadavre de chien sur la route, un bon gars de mon bled (il est mort une semaine avant qu'on rentre). Sur le coup il a tourné le volant, on nous avait prévenus que les cadavres étaient souvent piégés. On a commencé à faire un tête à queue, on s'est cogné contre la falaise, la jeep s'est retrouvée sur le flan au bord du ravin. Le temps qu'on sorte de l'engin, et elle tombait quarante mètres plus bas. On se regardait, on comprenait pas. Je te jure. " Eddy se redresse d'un coup et écrase sa clope. " Dans le bas, il y avait un village, les gens nous ont accueillis à bras ouverts, ils nous ont soignés, nourris… Ils ont été vraiment ultra cools. C'était magique ! On est resté bloqués deux jours, et finalement une patrouille nous a récupérés et ramenés à l'avant poste. Ils nous ont collé dans un convoi qui nous a redescendus pour Sarajevo. En passant devant le village on a largué plusieurs bombonnes d'essence pour les remercier de leur accueil. Quand on est repassés plusieurs semaines plus tard, c'est là que le cauchemar a pris toute son ampleur… Le village avait été cramé. On s'est approchés pour voir s'il y avait encore du monde, et là on a vu des peintures sur les murs, collabos, ou des trucs du genre. Au milieu du village, les gens attachés deux par deux avec du fil barbelé, front contre front pour économiser les balles avaient été abattus comme des bêtes… " Eddy s'était franchement mis à chialer, et on vit Nestor apparaître à la grande joie de son iench. " Alors, ça gaze Eugène ? Comme un lundi ? Eh, les mecs, vous pourriez pas foutre un peux de zic, sans déconner ? On se croirait à un enterrement. Vas-y Glavio, colle-nous du cubain… Lalala trompette…  Vous faites la gueule ou quoi ? "

by Glavio

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 23:36
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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 14:45
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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 16:16
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9 janvier 2006 1 09 /01 /janvier /2006 11:43

Crime, Arnaque et Botanique

foto : poum

J’avais ton âge, t’as quel âge ? Ah oui, c’est ça, j’étais jeune, bon un peu plus jeune que toi quand j’ai quitté la France. C’est vraiment trop pourri par ici ! J’me suis cassée en Iran, en Inde, au Moyen-Orient quoi… J’étais une casse cou,  tout le monde me disait, t’es complètement dingue, une fille, dans des pays comme ça, moi je m’en foutais, j’en avais ras le bol de tous ces constipés… Bref ! Un jour je reviens d’Inde, je passe par la Belgique en transit pour l’Angleterre (je voulais pas revenir en France). J’atterris à Heathrow, je récupère ma valise chargée à bloc et je me traîne à la douane. Là, un anglais adipeux,  un avec les babines, tu vois ? Il me demande mes papiers, et quand il voit tout les bleds par lesquels je suis passée, tu vois ? il m’ouvre la valise, il mate, et entre mes trucs de fille et mon foutoir il lâche vite  l’affaire ; il tente une première fois de refermer la valise, me fait un sourire baveux, et là ! ce gros porc s’appuie de tout son poids pour  y arriver… Ma valise a commencé à craquer de tous les côtés à la fois, en répandant tout mon souk sur le sol. J’allais l’engueuler (faut jamais se démonter dans ces moments là), quand j’ai repéré que la doublure avait explosé et que mes deux kilos de fines lamelles de shit étaient au milieu du fatras. Le keuf  a vu rouge, j’me suis retrouvée menottée, et il m’a traîné dans une cellule où je n’ai pas traîné ; le lendemain je suis passée en jugement express dans un carnaval à l’anglaise et il m’ont collé deux ans de tôle.

Là-bas c’était bourré de nanas complètement psychopathes, il y avait une bande de lesbiennes en particulier, je ne sais plus quel nom elles se donnaient, elles s’habillaient tout en noir ; c’étaient des filles de pakis pour la plupart, certaines avaient émasculé des mecs pour se venger des viols qu’elles avaient subis (souvent à la maison). En tout cas valait mieux pas les approcher de trop près, moi, elles me faisaient flipper…

Alors qu’il devait me rester que six mois à tirer, je dormais sur un des lits du haut ; nous étions six par piaules, avec un chiotte turc dans le fond, ça roulait, les autres meufs étaient pas trop connes et je connaissais mon affaire. Une semaine que nous étions plus que cinq, ça ne pouvait pas durer, et voilà que débarque une naine, elle était encore plus petite que moi ! Le garde lui montre son pieu pendant que l’autre arrêtait pas de jacter  dans un mélange d’anglais et de ce qui s’est avéré être du portugais ; à peine la porte refermée croyant tout le monde endormi, elle se met à chier et elle s’essuie  le cul avec sa serviette de toilette, après quoi elle a commencé à siffloter en se déshabillant, s’est allongée, et s’est rapidement endormie en ronflant. Je me suis dit : toi, la crassouse, tu vas vite déguerpir de notre chambre. C’est vrai quoi, c’est déjà pas facile habituellement ; mais si en plus il te faut supporter des gens qui ne savent pas se torcher le cul correctement tu deviens vite folle dingo dans des endroits comme ça !

En tous les cas elle a eu du bol de ne pas se faire repérer tout de suite  par Betty, l’écossaise de 120 kilos qui se vantait d’avoir étouffé son homme à l’aide de ses énormes mamelons. Betty ne supportait ni le désordre, ni la crasse ; elle était très à cheval sur ses principes et tout manquement pouvait la faire entrer dans une rage folle, comme pouvait en attester son défunt mari.

Le lendemain matin, impossible de la sortir de son lit à l’heure pour la douche. Il faut savoir que si l’une d’entre nous n’était pas prête, non seulement nous ne pouvions pas aller à la douche mais en plus la chambrée était privée de sortie (et nous en avions que deux par jour, alors tu vois).

Les autres avaient tenté de la réveiller, mais comme elle ne parlait visiblement pas l’angliche et qu’elles ne captaient pas son baragouinage latin, la pression commençait à monter. Au début je croyais qu’elle était italienne, j’ai essayé de lui expliquer calmement la situation. Elle m’a envoyé aux plottes, et s’est directo retournée avec la ferme intention de rester au lit ; on entendait les portes des autres chambres qui s’ouvraient. Betty qui avait eu une courte causante avec les autres s’est approchée, a choppé la naine par les cheveux et l’a balancé par terre.

Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, je me suis interposée  et je me suis prise un pain monumental qui m’a coupé le souffle ; j’ai crû que Betty m’avait déboîté l’épaule… Pendant ce temps les autres à force de giffles, griffes et coups de pieds au cul avaient obligé la naine à mettre une blouse.

Quand la porte s’est ouverte avec la gueulante du garde chiourme qui nous menaçait de nous priver de sortie, je n’ai pas pu m’empêcher de me marrer comme une folle, t’aurais vu la tronche ! On a toutes commencé à se fendre la poire comme des tordues et nous sommes sorties devant le maton carrément mal à l’aise. Betty m’a même donné une bourrade amicale qui a failli me faire tourner de l’œil, et, à partir de ce moment là, la naine s’est accrochée à moi comme un  morpion à sa pute.

J’ai gravement halluciné ! la meuf ! En tout cas elle avait l’air reconnaissante ; un peu trop ; mais bon ! elle a quand même cassé la monotonie… Déjà au début on captait rien de ce qu’elle blasait, elle avait l’air à l’ouest ! Pour te dire, on arrive aux douches où elle attend sagement son tour, elle était pas spécialement rassurée après la rouste, tu vois ? Et à peine sous la douche, elle se met à chanter à tue-tête ; une fois dans les couloirs elle dévisageait les filles en leur faisant de grands sourires ; arrivée dans la cour elle se met à sauter de joie devant le chêne centenaire et les trois corbeaux qui zonaient ; elle trouvait que la bouffe était super, elle en redemandait : c’était n’importe quoi !…

Ca a été comme ça un moment, elle se croyait carrément en colonie de vacances;  c’était franchement étrange. Pourtant c’est vraiment ce qu’elle croyait !

Un peu plus tard on a su le fin mot de l’histoire, l’affaire a passionné les rosbifs, et le Sun en a fait des tartines ; en fait elle avait débarqué pour bosser dans une famille de gros richards qui au bout du compte avaient besoin de tunes. Ils avaient monté un plan pour faire croire que leur bonne (ma naine, en l’occurrence) avait chouré leurs bijoux de famille et lui avaient refilé un bon pacson de maille pour qu’elle dégage au Portugal. Seulement Maria (elle s’appelait Maria) avait rien pigé (…), et avant de rentrer au bled avait fait un détour par Londres pour  s’en payer une bonne tranche. C’est là que les keufs lui étaient tombés dessus, et vite fait bien fait, l’avaient collé au mitard. Sauf que Maria dans sa connerie croyait simplement que ses anciens patrons lui offraient des vacances… en tôle ! Ces avocats ont fini par prouver qu’elle était niaise et l’ont fait libérer, moi, j’étais déjà rentrée en France, mais je ne suis pas restée longtemps…

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8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 17:59

PEUR ET RéPULSION à FES

 

J’apercevais l’entrée de l’Hôtel, pas grand monde; j’essayais de me détendre un peu avant de gérer avec le patron… un type bien cool d’une cinquantaine d’années chez qui j’avais déjà squatté, qui fumait comme un pompier, le shit posé sur l’étagère de l’accueil.

En me voyant rentrer il me dit : Tu as loupé ton ami, il est parti avant-hier… Je le savais, je l’avais eu au téléphone, ce que je voulais, c’est le bloc d’opium qu’il avait planqué dans la chambre… Je sentais un frisson me parcourir l’échine, déjà trois jours que j’avais plus rien. Derrière le patron il y avait les clés des chambres, dont la 12, ou était planqué le bitun; après les salamalèques de rigueur, je lui glisse : on pourrait pas avoir la chambre 12? Il me regarde et me répond : C’est pas possible, il me reste tout juste une petite chambre, demain, c’est l’anniversaire de Mohammed VI, il y a  plein de gens à Fes pour cette occasion et, c’est bien parce que c’est toi, je garde toujours une chambre pour les amis, sinon tu ne trouveras rien…

Désorienté je regarde ma copine, je récupère la clé de la chambre, on passe devant la 12, désespérément fermée. Une fois dans notre piaule, je décide de parer au plus pressé,  trouver de l’alcool pour ce soir, et on verra à se glisser le lendemain dans la 12, au pire on expliquera au patron que Riton nous a laissé un bloc de shit et on se démerdera quand les occupants dégageront en ville, ou quoi…

Le soir même, nous étions partis à nous promener dans la chaleur, nous avions récupéré une bouteille de whisky au liquide obscène et nous évitions les mioches au regard réprobateur qui essayaient malgré tout de nous  bronzer la tête. Je rigolais, la canine saillante, prêt à déraper ; je ne suis pas facile lorsque je suis en manque. Et c’est pas avec la colle qu’ils s’enfilaient entre les caisses de poisson qu’ils allaient me parler du Coran.

Ma copine a eu du mal a me ramener à l’hôtel malgré les bonnes raisons qu ‘elle me donnait : peut être que les occupants après s’être installés étaient partis en ville; avec un peu de chance en laissant la porte ouverte, au pire en laissant les clés au patron…

De retour à l’hôtel, personne à l’accueil, aucune clés et les couloirs plein de marocains fraîchement douchés déambulant entre les chambres, inquisiteurs face à notre désarroi et nos odeurs d’éthyles. Nous nous sommes rapidement planqués dans notre piaule sans demander notre reste.

La tête et le bide directement achevés par la mauvaise cuite, dès le lendemain midi je vais voir le patron, et je lui demande cash, si il  n’y aurait pas moyen que je me glisse dans la 12 rapidement à un moment ou à un autre. Evidemment il me demande pourquoi, et je lui explique :  Riton a planqué du shit dans la piaule et j’aimerais le récupérer rapidement pour le fumer avant de rentrer, on a plus trop de tunes et putain ce que j’ai mal à la tête… Où il est ? qu’il me dit, sur l’armoire que je lui glisse. Il ricane ; il y a déjà eu des gens avant… Je vais voir ce que je peux faire…

Après une bonne sieste, et de nouveau les crocs nous passons à l’accueil. Le patron nous interpelle, l’œil hilare, et nous dits… Ca va pas être possible, ce ne sont pas des clients comme les autres… Ils gardent leurs clés, et il y a toujours quelqu’un dans les chambres ; ce sont des flics en civil qui sont là pour l’anniversaire du Roi…

Putain et merde, le lendemain, dans l’avion en picolant ce putain de chiotte de mauvais alcool tout pourri, je me suis dit qu’il y en a plus d’un qu’allait se marrer.

 

 

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