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9 janvier 2006 1 09 /01 /janvier /2006 11:43

Crime, Arnaque et Botanique

foto : poum

J’avais ton âge, t’as quel âge ? Ah oui, c’est ça, j’étais jeune, bon un peu plus jeune que toi quand j’ai quitté la France. C’est vraiment trop pourri par ici ! J’me suis cassée en Iran, en Inde, au Moyen-Orient quoi… J’étais une casse cou,  tout le monde me disait, t’es complètement dingue, une fille, dans des pays comme ça, moi je m’en foutais, j’en avais ras le bol de tous ces constipés… Bref ! Un jour je reviens d’Inde, je passe par la Belgique en transit pour l’Angleterre (je voulais pas revenir en France). J’atterris à Heathrow, je récupère ma valise chargée à bloc et je me traîne à la douane. Là, un anglais adipeux,  un avec les babines, tu vois ? Il me demande mes papiers, et quand il voit tout les bleds par lesquels je suis passée, tu vois ? il m’ouvre la valise, il mate, et entre mes trucs de fille et mon foutoir il lâche vite  l’affaire ; il tente une première fois de refermer la valise, me fait un sourire baveux, et là ! ce gros porc s’appuie de tout son poids pour  y arriver… Ma valise a commencé à craquer de tous les côtés à la fois, en répandant tout mon souk sur le sol. J’allais l’engueuler (faut jamais se démonter dans ces moments là), quand j’ai repéré que la doublure avait explosé et que mes deux kilos de fines lamelles de shit étaient au milieu du fatras. Le keuf  a vu rouge, j’me suis retrouvée menottée, et il m’a traîné dans une cellule où je n’ai pas traîné ; le lendemain je suis passée en jugement express dans un carnaval à l’anglaise et il m’ont collé deux ans de tôle.

Là-bas c’était bourré de nanas complètement psychopathes, il y avait une bande de lesbiennes en particulier, je ne sais plus quel nom elles se donnaient, elles s’habillaient tout en noir ; c’étaient des filles de pakis pour la plupart, certaines avaient émasculé des mecs pour se venger des viols qu’elles avaient subis (souvent à la maison). En tout cas valait mieux pas les approcher de trop près, moi, elles me faisaient flipper…

Alors qu’il devait me rester que six mois à tirer, je dormais sur un des lits du haut ; nous étions six par piaules, avec un chiotte turc dans le fond, ça roulait, les autres meufs étaient pas trop connes et je connaissais mon affaire. Une semaine que nous étions plus que cinq, ça ne pouvait pas durer, et voilà que débarque une naine, elle était encore plus petite que moi ! Le garde lui montre son pieu pendant que l’autre arrêtait pas de jacter  dans un mélange d’anglais et de ce qui s’est avéré être du portugais ; à peine la porte refermée croyant tout le monde endormi, elle se met à chier et elle s’essuie  le cul avec sa serviette de toilette, après quoi elle a commencé à siffloter en se déshabillant, s’est allongée, et s’est rapidement endormie en ronflant. Je me suis dit : toi, la crassouse, tu vas vite déguerpir de notre chambre. C’est vrai quoi, c’est déjà pas facile habituellement ; mais si en plus il te faut supporter des gens qui ne savent pas se torcher le cul correctement tu deviens vite folle dingo dans des endroits comme ça !

En tous les cas elle a eu du bol de ne pas se faire repérer tout de suite  par Betty, l’écossaise de 120 kilos qui se vantait d’avoir étouffé son homme à l’aide de ses énormes mamelons. Betty ne supportait ni le désordre, ni la crasse ; elle était très à cheval sur ses principes et tout manquement pouvait la faire entrer dans une rage folle, comme pouvait en attester son défunt mari.

Le lendemain matin, impossible de la sortir de son lit à l’heure pour la douche. Il faut savoir que si l’une d’entre nous n’était pas prête, non seulement nous ne pouvions pas aller à la douche mais en plus la chambrée était privée de sortie (et nous en avions que deux par jour, alors tu vois).

Les autres avaient tenté de la réveiller, mais comme elle ne parlait visiblement pas l’angliche et qu’elles ne captaient pas son baragouinage latin, la pression commençait à monter. Au début je croyais qu’elle était italienne, j’ai essayé de lui expliquer calmement la situation. Elle m’a envoyé aux plottes, et s’est directo retournée avec la ferme intention de rester au lit ; on entendait les portes des autres chambres qui s’ouvraient. Betty qui avait eu une courte causante avec les autres s’est approchée, a choppé la naine par les cheveux et l’a balancé par terre.

Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, je me suis interposée  et je me suis prise un pain monumental qui m’a coupé le souffle ; j’ai crû que Betty m’avait déboîté l’épaule… Pendant ce temps les autres à force de giffles, griffes et coups de pieds au cul avaient obligé la naine à mettre une blouse.

Quand la porte s’est ouverte avec la gueulante du garde chiourme qui nous menaçait de nous priver de sortie, je n’ai pas pu m’empêcher de me marrer comme une folle, t’aurais vu la tronche ! On a toutes commencé à se fendre la poire comme des tordues et nous sommes sorties devant le maton carrément mal à l’aise. Betty m’a même donné une bourrade amicale qui a failli me faire tourner de l’œil, et, à partir de ce moment là, la naine s’est accrochée à moi comme un  morpion à sa pute.

J’ai gravement halluciné ! la meuf ! En tout cas elle avait l’air reconnaissante ; un peu trop ; mais bon ! elle a quand même cassé la monotonie… Déjà au début on captait rien de ce qu’elle blasait, elle avait l’air à l’ouest ! Pour te dire, on arrive aux douches où elle attend sagement son tour, elle était pas spécialement rassurée après la rouste, tu vois ? Et à peine sous la douche, elle se met à chanter à tue-tête ; une fois dans les couloirs elle dévisageait les filles en leur faisant de grands sourires ; arrivée dans la cour elle se met à sauter de joie devant le chêne centenaire et les trois corbeaux qui zonaient ; elle trouvait que la bouffe était super, elle en redemandait : c’était n’importe quoi !…

Ca a été comme ça un moment, elle se croyait carrément en colonie de vacances;  c’était franchement étrange. Pourtant c’est vraiment ce qu’elle croyait !

Un peu plus tard on a su le fin mot de l’histoire, l’affaire a passionné les rosbifs, et le Sun en a fait des tartines ; en fait elle avait débarqué pour bosser dans une famille de gros richards qui au bout du compte avaient besoin de tunes. Ils avaient monté un plan pour faire croire que leur bonne (ma naine, en l’occurrence) avait chouré leurs bijoux de famille et lui avaient refilé un bon pacson de maille pour qu’elle dégage au Portugal. Seulement Maria (elle s’appelait Maria) avait rien pigé (…), et avant de rentrer au bled avait fait un détour par Londres pour  s’en payer une bonne tranche. C’est là que les keufs lui étaient tombés dessus, et vite fait bien fait, l’avaient collé au mitard. Sauf que Maria dans sa connerie croyait simplement que ses anciens patrons lui offraient des vacances… en tôle ! Ces avocats ont fini par prouver qu’elle était niaise et l’ont fait libérer, moi, j’étais déjà rentrée en France, mais je ne suis pas restée longtemps…

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